Archives de la Catégorie News

Belle épine

Synopsis

réalisateur : Rebecca Zlotowski
scénario : Rebecca Zlotowski, Gaëlle Macé
image : George Lechaptois
son : Mathieu Descamps
montage : Julien Lacheray
décors : Antoine Platteau
musique : ROB

Le film

Une jeune femme déboussolée par la mort de sa mère se laisse entrainer par une copine frondeuse et proche de quelque motards « limites » de Rungis pour qui, la poignée est soi on soit of avec Burning, weeling, vitesse et mort à la clef.

Sans doute parce qu’il n’existe plus aujourd’hui de quoi aider les individus dans notre société à tourner la page ou donner un sens à sa vie et que ce qui peut être proposé n’est plus reconnu ou vu comme complètement ringard. On va loin pour essayer d’exister en groupe, pour dire qu’on « nous » doit le respect, et de ce point de vue là les adolescents sont les premiers concernés

Le personnage de Prudence (Léa Seydoux) incarne l’adolescent qui ne cessent de vivre dans un monde de paradoxes qu’il ne peut au fond pas accepter. C’est là dans le rapport entre dépendance au parents et loyauté aux copains et plus précisément ici dans ce film avec une immense solitude qu’on fait passer pour de la liberté.

Dans Belle Epine, les nuits sont fascinantes alors que le jour est morne et sans charme. La nuit, les garçons s’affairent autour de leurs roadsters et le jour, ils sont dans le métro dans l’anonymat de la foule à regarder un monde qui ne passe pas… Tant de réel et d’irréel entremêlé fait de ce film une réussite entre le cinéma d’auteur, et le cinéma de genre, celui de l’imaginaire.

Guy Labarraque

Rebecca Zlotowski

De nationalité française. Né en 1980 à Paris (France).
Belle épine est son premier film en tant que réalisatrice.

Ados et le monde du net

Le net dans le monde des ados

Un récent dossier de l’Hebdo (magazine hebdomadaire en Suisse Romande) nous rend attentif à un monde qui ne cesse de nous laisser songeur… Donnons en premier lieu deux chiffres :

  • 90% des jeunes se connectent sur le net et communiquent via des sites sociaux dont le plus connu est facebook
  • La durée du surf est de 2 heures

La première chose qu’inspirent ces chiffres est l’importance de cette donnée, pas tant au niveau du temps passé, qu’au niveau de l’espace : 90% des jeunes partage une même espace… Certes avec des variantes différentes puisqu’on peut faire partie de plusieurs groupes différents, il n’empêche que c’est impressionnant !

Seulement voilà ; ce qu’on partage avec son groupe ne nous garantit pas que l’info y reste. Un autre peut la partager dans une autre groupe et tout l’espace de l’un peut devenir l’espace des autres.

Le monde du net

Mais est-ce parce que le monde est en réseau que ce dernier est habité comme un monde ? Et c’est là que le bât blesse car à entendre ce qui peut se dire, cela n’a rien d’un monde où on se sentirait chez soi en toute sécurité !

On a notamment pu s’en rendre compte cet été avec la dramatique histoire de Jessi Slaughter, une jeune fille de onze qui est allée trop loin. Dans sa chambre, sans surveillance, cette pré-adolescente, avec sa webcam se raconte, se montre et raconte des histoires comme toutes les jeunes filles le font à cet âge-là. Seulement voilà, elle le fait sur la toile et lorsqu’elle reçoit des réponses négatives de la part des surfeurs… Elle « pète un câble » comme on dit, puisqu’elle se met à insulter les internautes. Sa vidéo se répand sur la toile et « buzzent » les différents forum. Son e-mail, son numéro de portable et l’adresse de ses parents sont submergés, en retour, d’insultes et le cauchemar commence pour toute la famille.

Prise à partie à l’école, la jeune fille voit partout le doigt accusateur se dresser, elle est exclue de tous ces cercles d’amis et entre dans la peau du bouc émissaire… Un bouc émissaire des temps moderne, à l’image de la cours de récrée d’aujourd’hui, celle du web… Tout sauf imaginable.

Le net… c’est tout un monde à ré-fléchir

Inutile de dire que le contrôle s’impose et peut-être arriverions-nous mieux à le comprendre avec cette dramatique histoire qui, non seulement a détruit la vie de cette jeune fille, mais aussi celle de sa famille. Des questions aussi complexes que celles-là doivent pouvoir se discuter avec les adolescents ?

  • La notion de groupe : peut-on être certain de tous les membres de son groupes ? Accepter une autre personne peut-il se décider par un membre du groupe sans l’acceptation des autres ? Pourquoi ne pas imaginer de travailler avec les jeunes sur l’idée de « charte » ?
  • l’image : Est-ce fondamentalement utile d’user d’une webcam ? A quoi peut bien servir sa propre image diffusée sur la toile ? Quel en est le sens ? Qu’est-ce qui est recherché dans cette envie ?
  • Le langage, l’expression, la parole : comment parle t-on ? Avec quels mots ? Prendre de front la questions des insultes sur le net et les proscrire à tout prix.
  • Les rituels d’entrée et de sortie : j’entends par là la grosse question de recevoir une grosse « claque » avec un petit « clic ». Réfléchir surtout à la façon dont on se quitte…

Guy Labarraque

Vidéo :

Sources :

L’Hebdo 19 août 2010

Roman d’Ados

Documentaire sur l’adolescence

Filmer 7 adolescents pendant 7 ans (de 12 à 18 ans) en suivant leurs évolutions, leurs crises, leurs amours, leurs questions pourraient être une entreprise quasi impossible…

C’est pourtant ce que nous propose Béatrice Bakhti dans un documentaire de 4 films dont le total est égal à presque 7 heures ! Ennuyeux ? Lassant ? long ? Absolument pas, étonnant, passionnant même… « Roman d’ados » n’a rien à voir avec un roman en fait, ou en langage cinématographique, avec une fiction et ce, non pas en raisons du fait qu’il s’agisse d’un documentaire, mais parce que les réalités de vie de ces adolescents  sont d’une étonnante simplicité.

Pourtant ces tranches de vie filmées ne le sont pas sans l’idée d’un scénario qui chez les jeunes est souvent de l’ordre de l’instant ou de l’instantané. Du père absent que l’un de ces ados regrette ou d’une image que « les autres » à l’école plaquent sur une autre de ces adolescentes, la cinéaste en fait une trame qui nous permet de mieux partager ces questions essentielles de l’existence que sont le mal, la souffrance, la culpabilité et j’en passe.

Des sujets profondément existentiels qu’une catéchèse peut reprendre en miroir pour ceux qui ne sont pas encore passer à l’âge adulte, mais qui s’apprêtent à y passer. Vivre une déception amoureuse, vivre un divorce, vivre un changement d’affectation, autant de passage et de crises qu’une catéchèse accompagne. Mourir à ces idées pour en épouser d’autres, discuter de politique avec ses parents sans crainte d’être paradoxal ou contradictoire donne un sens souvent à des discussions que nous croyons inutiles… Et pourtant elles sont là, en adolescence comme formatrice d’une autonomie de la personne qui accède à elle-même.

Béatrice Bakhti nous offre sans aucun doute un très bel outil de travail que nous aurions tort de ne pas utiliser pour une fois qu’il vient de chez nous !

Guy Labarraque

Synopsis

Une production Troubadour Films en coproduction avec la Télévisions Suisse

Romande

Romans d’ados  2002 – 2008 – Yverdon-les-Bains

• Romans d’Ados 1  La fin de l’innocence (98′)

• Romans d’Ados 2  La crise (106′)

• Romans d’Ados 3  Les illusions perdues (98′)

• Romans d’Ados 4  Adultes mais pas trop… (104′)

Sites à consulter : http://www.romansdados.com/