Publié dans Textes philosophiques

Connaître

Dans ce que nous connaissons de Socrate et de sa quête de soi et de la connaissance, nous avons un texte entre Socrate et Euthydème. Ce dernier, personnage cultivé de l’époque, a de hautes aspirations, entre autre celle de faire de la politique pour dire les choses simplement. Voici comment Socrate le conduit à réfléchir sur la connaissance de ce qui peut être considéré comme juste ou injuste ; chose importante s’il en est lorsqu’on veut faire de la politique.

A Euthydème qui déclare pouvoir clairement dire ce qui juste de ce qui ne l’est pas, Socrate trace deux colonnes dans lesquelles ils mettra ce qui est juste et ce qui est injuste. Nous devons ce dialogue à l’un des élèves de Socrate, Xénophon.

Socrate

— Ne trouve-t-on pas le mensonge parmi les hommes ?

Euthydème

— Oui.

Socrate

— Où le placerons-nous ?

Euthydème

— Sous la marque de l’injustice, apparemment.

Suivent la même chose à propos de la tromperie, l’action de nuire, de réduire l’autre en esclavage. Puis Socrate définit un sujet bien précis.

Socrate

— Supposons qu’un général asservisse une nation injuste et ennemie : dirons-nous qu’il commet une injustice ?

Euthydème

— Non vraiment.

Socrate

— Nous appellerons donc ce qu’il fait un acte de justice ?

Euthydème

— Sans doute.

Le dialogue se poursuit et on se rend compte que les mêmes actes, injustice, tromperie et même pillage prennent place cette fois-ci dans la colonne Injustice… Le maître poursuit en revenant au quotidien de la vie et donc en dehors d’une situation de crise.

Socrate

— Un enfant a besoin d’une médecine qu’il refuse de prendre ; son père la lui présente comme un aliment, et, par cette ruse, il lui rend la santé : où mettrons-nous cette supercherie ?

Euthydème

— À la même place encore. (c’est à dire dans la colonne juste )

Socrate

— Mon ami est désespéré ; je crains qu’il ne se tue, je lui dérobe son épée, toutes ses armes ; que dirons-nous de ce vol ?

Euthydème

—   Qu’il est juste.

Socrate conclut son dialogue à propos d’une qualité qu’on se doit envers ses amis, ses proches ; la franchise.

Socrate

— Vous prétendez donc que, même à l’égard de ses amis, on n’est pas tenu à la plus grande franchise ?

On a là un débat à poursuivre… On peut s’aider par la différence entre la morale et l’éthique.

Guy Labarraque

Sources

Xénophon, Mémorables, liv. IV, n. 12-16 ; traduction Gail, p. 85-86. Extrait de Ibid., pages 24 et 25.

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Auteur :

Pasteur et Aumônier de Gymnases dans le canton de Vaud

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