Socrate

« Connais-toi toi-même » sentence qu’on attribue à dont Socrate, mais dont les textes nous disent en fait qu’elle est plutôt une maxime de l’époque, puisqu’elle  fut offerte à Apolllon par 7 sages comme prémices de leur sagesse (Platon, Protagoras, 343b).

Quoiqu’il en soit, Socrate ne cessa au cours de sa vie de la commenter, ce qui nous amène à dire d’une part que s’il doit y avoir une recherche (une science) importante et fondamentale, c’est bien de s’occuper de l’être, du soi et  d’autres part, s’il doit y avoir action, c’est de se diriger vers l’intériorité.

Le maître d’Athènes en est en tout cas persuadé puisqu’il n’hésite pas à dire que : « Mieux vaudrait pour moi avoir, une lyre mal accordée et dissonante, diriger un chœur discordant et me trouver en opposition et en contradiction avec la plupart des hommes que d’être seul en désaccord avec moi-même et de me contredire » (Platon, Gorgias, 482 b-c.)

C’est dire l’importance de cette quête : Connaissance de soi mais aussi et surtout cohérence interne, bref de quoi s’occuper l’entier de notre existence, ne disait-il pas encore qu’une « vie sans examen n’est pas une vie » ? (Platon, Apologie de Socrate, 38a).

On compare souvent Jésus et Socrate pour être, si on me pardonne l’expression, dans le même « rayon » mais dans différents contextes. Or parmi les nombreux traits communs (le fait de n’avoir rien écrit, de raisonner, d’avoir des disciples et d’avoir eu une fin tragique), Socrate et Jésus partage aussi le fait et on le souligne à mon sens un peu moins d’avoir eu différentes personnes pour rapporter leurs paroles et leurs actes.

Jésus et Socrate sont connus par ceux qui les ont suivi ; Jésus par les  4 évangiles et Socrate par trois personnes, Platon, Xénophon et Aristophane… II n’est pas inintéressant de savoir que Xénophon dépeint Socrate comme un sage mais sans plus, alors que Platon est carrément son porte-parole alors qu’Aristophane est l’un de ses détracteurs…

Guy Labarraque

Sources :

Platon, Bibliothèque La Pléiade T1, Paris, 1950, (traduction et note de  Léon Robin et M.-J. Moreau).

Marc 14,26-31

Rembrant

26. Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des oliviers. 27. Jésus leur dit: Vous serez tous scandalisés; car il est écrit: Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées. 28. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. 29. Pierre lui dit: Quand tous seraient scandalisés, je ne serai pas scandalisé. 30. Et Jésus lui dit: Je te le dis en vérité, toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. 31. Mais Pierre reprit plus fortement: Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous dirent la même chose.

Traduction Louis Segond (1910)

Pistes de réflexion

  • L’homme reste un mystère pour lui-même ; il ne peut jamais dire ce qu’il va faire que celui-ci se nomme Pierre, Paul ou Jacques. Les plus grands sont sujets aux décisions les plus surprenantes… Qu’on pense à Pétain, à la fois le grand vainqueur de Verdun et l’artisan d’une collaboration avec l’occupant nazi.
  • C’est indéniablement un texte important pour se garder de faire des panégyriques. les Saints ont leur côté obscure, si si qu’on se le dise… Et si l’histoire peut en témoigner de manière assez évidente, n’oublions pas d’interroger notre propre histoire pour oser se regarder. C’est un très bon réflexe, un réflexe sain !

Autres réflexions pour poursuivre

Jean 8, 1-11

1. Mais Jésus se rendit au mont des Oliviers. 2. Tôt le lendemain matin, il retourna dans le temple et tous les gens s’approchèrent de lui. Il s’assit et se mit à leur donner son enseignement. 3. Les maîtres de la loi et les Pharisiens lui amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent devant tout le monde 4. et dirent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise au moment même où elle commettait un adultère. 5. Moïse nous a ordonné dans la loi de tuer de telles femmes à coups de pierres. Et toi, qu’en dis-tu ? » 6. Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur le sol. 7. Comme ils continuaient à le questionner, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » 8. Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol. 9. Quand ils entendirent ces mots, ils partirent l’un après l’autre, les plus âgés d’abord. Jésus resta seul avec la femme, qui se tenait encore devant lui. 10. Alors il se redressa et lui dit : « Eh bien, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? » — 11.« Personne, Maître », répondit-elle. « Je ne te condamne pas non plus, dit Jésus. Tu peux t’en aller, mais désormais ne pèche plus. »

Traduction en Français Courant

Pistes de réflexion

  • On est avec ici une question assez récurrente dans l’histoire de l’humanité, le fait qu’il faille toujours mettre la faute sur l’autre. Rappelons-nous de l’une des premières parole de l’homme dans la Bible : « la femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé » (Ge 3,12).  Bref, « C’est pas moi c’est lui ». On est en face du phénomène du bouc émissaire qui se retrouve très souvent, pour les jeunes, dans le fait qu’en classe n’y a-t-il pas toujours quelqu’un qui « prend pour les autres », quelqu’un dont le rôle est de toujours ramasser ? Cherchons bien…
  • J’ai toujours été frappé du fait que personne n’ait au fond jeter la première pierre. On dit que Jésus en les ramenant à leur statut d’homme pêcheur, leur faisait prendre conscience que, pour condamner, il fallait avoir les mains propres et que ce rôle devait être dévolu à une Institution. C’est sans doute vrai, mais cela ne va pas assez loin et je crois qu’il ne faut pas hésiter à imaginer la vie de quartier ou des villages.  Je m’explique… Pour qu’une femme adultère soit adultère, il faut un « monsieur », un autre, et comme il est possible de le supposer dans ce texte, à savoir que la femme dite « adultère » remplit peut-être aussi la fonction dans le quartier, de femme de tout le monde, il n’est pas impossible que beaucoup de ceux qui soient là soient ceux qui auraient passé du bon temps avec cette dernière… Le jet de la Pierre, les ramène donc encore plus à leur propre histoire et de plus devant tous les autres qui savent qui couche avec qui…

Matthieu 21,28-32

28 – Que pensez-vous de l’histoire que voici ? ajouta Jésus. Un homme avait deux fils. Il alla trouver le premier et lui dit : « Mon fils, va aujourd’hui travailler dans notre vigne. » 29. « Je n’en ai pas envie », lui répondit celui-ci. Mais, plus tard, il regretta d’avoir répondu ainsi et se rendit dans la vigne. 30. Le père alla trouver le second fils et lui fit la même demande. Celui-ci lui répondit : « Oui, mon Seigneur, j’y vais ! » Mais il n’y alla pas. 31. Lequel des deux a fait la volonté de son père ? – C’est le premier, répondirent-ils. Et Jésus ajouta : – Vraiment, je vous l’assure : les collecteurs d’impôts et les prostituées vous précéderont dans le royaume de Dieu. 32. En effet, Jean est venu, il vous a montré ce qu’est une vie juste, et vous n’avez pas cru en lui – tandis que les collecteurs d’impôts et les prostituées ont cru en lui. Et, bien que vous ayez eu leur exemple sous vos yeux, vous n’avez pas éprouvé les regrets qui auraient pu vous amener enfin à croire en lui.

Trad. La Bible du Semeur

Ethik und / oder Moral

Diese beiden Begriffe sind schwer zu unterscheiden.

Beides sind Fremdwörter unterschiedlichen Ursprungs:

Ethik > ethos, aus dem Griechischen beinhaltet in der Antike die Wissenschaft und Lehre der gesellschaftlichen Gewohnheiten, sowohl das Reflektieren über die Regeln der Gesellschaft als auch das Weitergeben derselben.

Moral > mos (gen. moris), aus dem Lateinischen, umfasst die gesellschaftlichen Gewohnheiten, die zur Regel werden und somit als gesellschaftliche Normen obligatorisch sind.

In der römischen Zeit ist mos die gesellschaftlische, obligatorische Konvention und das vom Griechischen übernommene ethica die Philosophie und Wissenschaft über die Konventionen.

Sind beide Begriffe in der heutigen Zeit austauschbar ?

Wohl nicht.

Und das soll dargelegt werden und dabei wird die Interaktion beider Begriffe in den Mittelpunkt stellen.

Der fondamentale Unterschied könnte zusammengefasst werden in den Worten,

Ethik ist das, was als gut einschätzt wird und Moral ist das, was als verpflichtend angesehen wird. Die Ethik beschäftigt sich mit dem, was zum Guten tendiert – was tut den Menschen im Zusammenleben gut tut – und die Moral  beinhaltet, was zu einer bestimmten Epoche als richtig und gut für die Gesellschaft definiert wurde.

Spinoza (1632-1677) betrachtet sowohl die Ethik als auch die Moral als das Wollen zum Guten und Gerechten, einerseits durch Vernunft, andererseits durch Gehorsam.

Die moderneren Betrachtungen definieren, dass die Moral dem Verhältnis von sich zu den anderen dient, die Ethik die Beziehung des Menschen zu sich selbst näher bestimmt.

Die Moral basiert auf der Idee einer Tendenz nach aussen et sie wird als allgemeingültig hingestellt. Mit der Ethik werden persönliche, selbstbezogene Werte verinnerlicht.

In den obigen Überlegungen wurde versucht die Verbindungen beider Begriffe darzustellen.

Die Weltgeschichte hat uns gezeigt, dass sich beide Begriffe auch krass gegenüberstehen können, dass es sogar wünschenswert ist, dass sie in Widerspruch zueinander Stellung beziehen. Bezug wird dabei natürlich genommen auf die totalitären Staaten, die eine ihnen eigene Interpretation von Allgemeingültigkeit haben, die den einen oder anderen Teil der Menschheit ausschliesst – also dessen Konventionen doch nicht allgemein, für alle gültig sind – und die ( nicht nur ) aus diesem Grund in Konflikt geraten mit den individuellen Konzepten von Gut und Böse.

Die dunklen Seiten der Weltgeschichte appellieren daran, dass es doch interessant, man sollte sogar sagen, notwendig wäre, sich ständig ein eigenes Bild über die vorgelegten Werte und Normen zu machen, immer wieder und dauernd mit der Frage gerüstet zu sein, “wozu ist es gut und was sagst du dazu ?”. Ja natürlich, andere befragen, aber vor allem sich selbst der Frage stellen.

Diese Frage wurde eines Tages Jesus vorgelegt, als er dabei war, wie eine Frau des Ehebruchs verurteilt wurde und das damalige, allgemein übliche Gesetz Tod durch Steinigung vorschrieb.

Johannesevangelium 8, 4b: “ Meister, diese Frau ist auf frischer Tat beim Ehebruch ergriffen worden. Moses hat uns im Gesetzt geboten, solche Frauen zu steinigen. Was sagst du dazu ?

…Als sie nun nicht aufhörten, ihn zu fragen, richtete er sich auf und sagte zu ihnen: Wer unter euch ohne Sünde ist, der werfe den ersten Stein auf sie.”

Jesus stellt mit seiner Antwort die Moral “für alle” unter den Massstab eines jeden Einzelnen, unter den Vergleich mit den eigenen, persönlichen Werten.

( Von S.Coral überarbeitete Wiedergabe der Gedanken von Guy Labarraque )

Les « structures » de la pédagogie

Comment organiser les méthodes pédagogiques ? (II)

Louis Not propose pour sa part de se focaliser sur la façon dont on structure ce que l’on sait ; savoir. Cette démarche, si elle est soumis au différentes étapes de développement de l’enfant, est pour le jeunes ou les adultes une possibilité offerte devant chaque situation d’apprentissage prévue ou non.

Louis Not répartit les pédagogies de trois façons :

  • Celles qui structure le savoir de l’extérieur
  • Celles qui le structure de l’intérieur
  • Celles qui le structure enfin par l’interaction de celui qui donne et de celui qui reçoit (pas forcément sens unique enseignant – apprenant)

Structurer le savoir par l’extérieur

De quoi s’agit-il ? Certes d’un enseignement ex-cathedra, mais aussi de beaucoup de propositions, telles que les enseignements assistés par ordinateur.

Primat de action de l’« autre »sur l’apprenant.

Les enseignants « trans » – forment l’être

Structurer le savoir par l’intérieur

De quoi s’agit-il ? L’individu progresse par ce qu’il structure lui-même.

Primat de l’individu en acte. C’est le sujet qui ici est prépondérant.

L’enseignant, dans ce cas, aide la personne à « se transformer »

Inter-structuration du savoir

De quoi s’agit-il ? C’est le cas d’un enseignement intégré à l’apprentissage.

Primat de la « re-formation » du  savoir reçu. On se centre sur l’activité. Acquérir un savoir ; c’est l’intégrer d’une manière ou d’une autre.

L’enseignant « forme », re-forme (dé-forme) un environnement propice à l’apprentissage de l’apprenant.

Guy Labarraque

Source :

Altet, M. (1997), Les pédagogies de l’apprentissage, Paris, Quadrige, Puf.

Ados et le monde du net

Le net dans le monde des ados

Un dossier de l’Hebdo (2010) nous rend attentif à un monde qui ne cesse de nous laisser songeur… Donnons en premier lieu deux chiffres :

  • 90% des jeunes se connectent sur le net et communiquent via des sites sociaux dont le plus connu est facebook
  • La durée du surf est de 2 heures

La première chose qu’inspirent ces chiffres est l’importance de cette donnée, pas tant au niveau du temps passé, qu’au niveau de l’espace : 90% des jeunes partage une même espace… Certes avec des variantes différentes puisqu’on peut faire partie de plusieurs groupes différents, il n’empêche que c’est impressionnant !

Seulement voilà ; ce qu’on partage avec son groupe ne nous garantit pas que l’info y reste. Un autre peut la partager dans une autre groupe et tout l’espace de l’un peut devenir l’espace des autres.

Le monde du net

Mais est-ce parce que le monde est en réseau que ce dernier est habité comme un monde ? Et c’est là que le bât blesse car à entendre ce qui peut se dire, cela n’a rien d’un monde où on se sentirait chez soi en toute sécurité !

On a notamment pu s’en rendre compte cet été avec la dramatique histoire de Jessi Slaughter, une jeune fille de onze qui est allée trop loin. Dans sa chambre, sans surveillance, cette pré-adolescente, avec sa webcam se raconte, se montre et raconte des histoires comme toutes les jeunes filles le font à cet âge-là. Seulement voilà, elle le fait sur la toile et lorsqu’elle reçoit des réponses négatives de la part des surfeurs… Elle « pète un câble » comme on dit, puisqu’elle se met à insulter les internautes. Sa vidéo se répand sur la toile et « buzzent » les différents forum. Son e-mail, son numéro de portable et l’adresse de ses parents sont submergés, en retour, d’insultes et le cauchemar commence pour toute la famille.

Prise à partie à l’école, la jeune fille voit partout le doigt accusateur se dresser, elle est exclue de tous ces cercles d’amis et entre dans la peau du bouc émissaire… Un bouc émissaire des temps moderne, à l’image de la cours de récrée d’aujourd’hui, celle du web… Tout sauf imaginable.

Le net… c’est tout un monde à ré-fléchir

Inutile de dire que le contrôle s’impose et peut-être arriverions-nous mieux à le comprendre avec cette dramatique histoire qui, non seulement a détruit la vie de cette jeune fille, mais aussi celle de sa famille. Des questions aussi complexes que celles-là doivent pouvoir se discuter avec les adolescents ?

  • La notion de groupe : peut-on être certain de tous les membres de son groupes ? Accepter une autre personne peut-il se décider par un membre du groupe sans l’acceptation des autres ? Pourquoi ne pas imaginer de travailler avec les jeunes sur l’idée de « charte » ?
  • l’image : Est-ce fondamentalement utile d’user d’une webcam ? A quoi peut bien servir sa propre image diffusée sur la toile ? Quel en est le sens ? Qu’est-ce qui est recherché dans cette envie ?
  • Le langage, l’expression, la parole : comment parle t-on ? Avec quels mots ? Prendre de front la questions des insultes sur le net et les proscrire à tout prix.
  • Les rituels d’entrée et de sortie : j’entends par là la grosse question de recevoir une grosse « claque » avec un petit « clic ». Réfléchir surtout à la façon dont on se quitte…

Guy Labarraque

Sources :

L’Hebdo 19 août 2010

L’agenda setting

Avec plusieurs autres théories de la communication, l’« agenda setting » s’avère particulièrement intéressante parce qu’elle interroge une question fondamentale, celle de la formation de l’opinion public. Comment se forge t-on une opinion ? Comment en arrivons-nous à penser cela de ça ? dirais-je pour traduire la question de fond de façon triviale… Et pour l’adolescence qui entend se positionner et qui le fait, il peut être d’un grand secours de s’y intéresser.

L’originalité de cette théorie est de se situer dans un espace intermédiaire entre une théorie qui pense que l’opinion est directement influencée par les médias et une autre qui au contraire pense que le récepteur « filtre » ce qu’il reçoit par le fait qu’il ne peut entendre que ce qu’il veut entendre.

Mc Combe, l’initiateur de cette approche développe l’idée que les médias nous disent ce à quoi il faut penser et comment il faut le penser. L’influence est donc deux ordres :

  • Hiérarchique : l’ordre de l’information est décidée par les médias qui définissent en quelque sorte ce dont nous allons parlé, « notre agenda. »
  • Formelle : La forme de l’information car en plus de l’ordonner dans l’agenda, les médias nous la livre déjà « ficelée. » Reportage, élocution, prise de vue et j’en passe conditionne le rendu de l’information.

Une théorie qu’on peut résumer ainsi :

Les médias ne nous disent pas ce qu’il faut penser, mais ce dont il faut parler et la façon d’en parler.

Guy Labarraque

Sources :

Mc COMBS, M., SHAW, D. L., « The Evolution of Agenda-Setting : Twenty-Five Years in the Marketplace of Ideas », Journal of Communication, 43, n°2, 1993, p. 58-67.

SFEZ L. (1992), Critique de la communication, Paris, Point seuil, 528 p.

Autre théorie : les 5 axiomes de la communication

Interroger le texte biblique avec Piaget !

Piaget au secours de l’exégèse ? Piaget nouvel homme fort de la catéchèse ? Non pas tout à fait, je me suis posé la question de savoir si nous pouvions lire le texte biblique en utilisant quelques uns des fondements de la théorie de Piaget sur le développement de l’individu.

Rappel

Piaget est biologiste au départ, mais s’est très vite intéressé à la connaissance et à la construction de celle-ci. S’il a consacré une bonne partie de sa vie à l’étude des enfants, c’est qu’il s’est rendu compte que les modes de construction de la connaissance changeaient assez fortement au cours des premières années de l’existence et ce, face à la complexité du monde.

Sa question fut donc de voir s’il était possible de calquer la phylogénèse sur l’ontogénèse, c’est à dire de voir l’évolution des différentes espèces vivantes à partir du modèle de l’évolution de l’être humain.

Vaste programme…

Son approche

L’idée n’est pas de reprendre les différents stades de son développement, mais de souligner quelques éléments de son approches. Cette dernière se situe dans une perspective évolutionniste et souligne entre autre, que dans les différents stades de développement, l’individu :

  • Redéfinit le stade antérieur en fonction de son évolution. On part toujours de ce qui est pour le transformer et l’adapter ;
  • Est en perpétuelle interaction avec son environnement ;
  • Conceptualise en acte. C’est dans l’action que l’individu connaît ce qu’il fait. Toute connaissance d’un objet ou d’un concept n’a de sens pour lui qu’en fonction de l’action qu’il exerce sur lui.

A l’interrogation du texte biblique

Pour être très concret il faudrait que nous puissions interroger le texte biblique en repérant des savoirs  qui « se redéfinissent » en fonction de leur « lien » avec l’environnement (au sens large du terme) et qui doivent à l’action le fait d’être compris différemment.

On est assez aidé si on essaye de trouver des textes ou des histoires qui sont repris par plusieurs auteurs. Les 4 évangiles, qui racontent à leur façon l’histoire de Jésus, fournissent une foule d’exemples. Tentons une illustration, mais avec deux textes de l’Ancien Testament, histoire de surprendre et de faire un peu autre chose, comme celle du recensement orchestré par le roi David.

Le recensement du roi David

Cet événement est rapporté par deux narrateurs dans les récits de l’Ancien Testament et cela nous donne la possibilité d’entrer de plein fouet ni plus ni moins dans deux conceptions assez différentes de concevoir Dieu.

Jugeons plutôt sur « texte »

Les textes bibliques

  • 24.1 La colère de l’Éternel s’enflamma de nouveau contre Israël, et il excita David contre eux, en disant: Va, fais le dénombrement d’Israël et de Juda. (2 Samuel 24,1)

  • 21.1 Satan se leva contre Israël, et il excita David à faire le dénombrement d’Israël. (1 Chronique 21,1)

On le voit un même acte dont l’origine est attribuée pour le rédacteur des livres de Samuel à Dieu (l’Eternel) et pour le rédacteur des Chroniques, à Satan. En regardant les dates des récits, on se rend compte que le texte des Chroniques (milieu du IVe siècle avant JC) est d’une part plus récent que celui de Samuel (VIIe-VIe siècle Avant JC) provient d’un milieu ayant été influencé par la culture grec qui, comme on le sait, à un panthéon plus étoffé que celui du peuple d’Israël. C’est en partie pour ces deux raisons que sont attribuées aux divinités des fonctions différentes.

Pour reprendre notre exemple en question, il ne pouvait pas être concevable pour le rédacteurs des Chroniques qui écrit après celui des livres de Samuel, d’imaginer que Dieu puisse influencer l’homme à faire quelque chose de mal…

Reprise – relecture – redéfinition

En clair le rédacteur de la Chronique du roi David « adapte » la compréhension d’un fait dans son environnement propre ; le monde grec (plus manichéen). Le concept d’action, si important à Piaget se trouve, on l’aura compris, dans l’acte d’écrire, de raconter et d’attester l’action de David.

D’un point de vue pédagogique, on peut prendre ces deux façons de connaître Dieu comme deux stades différents de la propre évolution de sa pensée sans, et je le souligne encore, qu’on dresse une hiérarchisation entre ces deux stades ou qu’on « se plaque » sur  l’ordre qui nous est donné par la chronologie biblique. Qu’on ait pu avoir une idée de Dieu et un jour et une autre un autre jour ne doit pas nous faire dire que ce que nous pensions avant était moins valable que ce que nous croyons maintenant.

Du point de vue théologique, nos images de Dieu ou celles de Jésus peuvent être interpellées, nous seulement parce qu’on sait qu’elles évoluent mais aussi parce qu’une telle démarche peut nous conduire à avoir un regard sa manière de croire :

  • Quelles étaient nos manières de croire, de penser Dieu ?
  • Qu’est-ce qui a fait que ces dernières ont changé ?
  • Quel fut notre cheminement et surtout de quoi sommes-nous partis pour arriver à ce que nous croyons à présent ?

Ainsi, pour conclure, si Piaget peut nous aider à comprendre deux stades du croire, ce qui en soit n’est pas inintéressant, il nous invite aussi à questionner notre démarche de compréhension de Dieu et les causes qui ont fait que nous sommes passés d’une compréhension à une autre.

Guy Labarraque

Roman d’Ados

Documentaire sur l’adolescence

Filmer 7 adolescents pendant 7 ans (de 12 à 18 ans) en suivant leurs évolutions, leurs crises, leurs amours, leurs questions pourraient être une entreprise quasi impossible…

C’est pourtant ce que nous propose Béatrice Bakhti dans un documentaire de 4 films dont le total est égal à presque 7 heures ! Ennuyeux ? Lassant ? long ? Absolument pas, étonnant, passionnant même… « Roman d’ados » n’a rien à voir avec un roman en fait, ou en langage cinématographique, avec une fiction et ce, non pas en raisons du fait qu’il s’agisse d’un documentaire, mais parce que les réalités de vie de ces adolescents  sont d’une étonnante simplicité.

Pourtant ces tranches de vie filmées ne le sont pas sans l’idée d’un scénario qui chez les jeunes est souvent de l’ordre de l’instant ou de l’instantané. Du père absent que l’un de ces ados regrette ou d’une image que « les autres » à l’école plaquent sur une autre de ces adolescentes, la cinéaste en fait une trame qui nous permet de mieux partager ces questions essentielles de l’existence que sont le mal, la souffrance, la culpabilité et j’en passe.

Des sujets profondément existentiels qu’une catéchèse peut reprendre en miroir pour ceux qui ne sont pas encore passer à l’âge adulte, mais qui s’apprêtent à y passer. Vivre une déception amoureuse, vivre un divorce, vivre un changement d’affectation, autant de passage et de crises qu’une catéchèse accompagne. Mourir à ces idées pour en épouser d’autres, discuter de politique avec ses parents sans crainte d’être paradoxal ou contradictoire donne un sens souvent à des discussions que nous croyons inutiles… Et pourtant elles sont là, en adolescence comme formatrice d’une autonomie de la personne qui accède à elle-même.

Béatrice Bakhti nous offre sans aucun doute un très bel outil de travail que nous aurions tort de ne pas utiliser pour une fois qu’il vient de chez nous !

Guy Labarraque

Synopsis

Une production Troubadour Films en coproduction avec la Télévisions Suisse

Romande

Romans d’ados  2002 – 2008 – Yverdon-les-Bains

• Romans d’Ados 1  La fin de l’innocence (98′)

• Romans d’Ados 2  La crise (106′)

• Romans d’Ados 3  Les illusions perdues (98′)

• Romans d’Ados 4  Adultes mais pas trop… (104′)

Sites à consulter : http://www.romansdados.com/