Publié dans Portraits

Socrate

« Connais-toi toi-même » sentence qu’on attribue à dont Socrate, mais dont les textes nous disent en fait qu’elle est plutôt une maxime de l’époque, puisqu’elle  fut offerte à Apolllon par 7 sages comme prémices de leur sagesse (Platon, Protagoras, 343b).

Quoiqu’il en soit, Socrate ne cessa au cours de sa vie de la commenter, ce qui nous amène à dire d’une part que s’il doit y avoir une recherche (une science) importante et fondamentale, c’est bien de s’occuper de l’être, du soi et  d’autres part, s’il doit y avoir action, c’est de se diriger vers l’intériorité.

Le maître d’Athènes en est en tout cas persuadé puisqu’il n’hésite pas à dire que : « Mieux vaudrait pour moi avoir, une lyre mal accordée et dissonante, diriger un chœur discordant et me trouver en opposition et en contradiction avec la plupart des hommes que d’être seul en désaccord avec moi-même et de me contredire » (Platon, Gorgias, 482 b-c.)

C’est dire l’importance de cette quête : Connaissance de soi mais aussi et surtout cohérence interne, bref de quoi s’occuper l’entier de notre existence, ne disait-il pas encore qu’une « vie sans examen n’est pas une vie » ? (Platon, Apologie de Socrate, 38a).

On compare souvent Jésus et Socrate pour être, si on me pardonne l’expression, dans le même « rayon » mais dans différents contextes. Or parmi les nombreux traits communs (le fait de n’avoir rien écrit, de raisonner, d’avoir des disciples et d’avoir eu une fin tragique), Socrate et Jésus partage aussi le fait et on le souligne à mon sens un peu moins d’avoir eu différentes personnes pour rapporter leurs paroles et leurs actes.

Jésus et Socrate sont connus par ceux qui les ont suivi ; Jésus par les  4 évangiles et Socrate par trois personnes, Platon, Xénophon et Aristophane… II n’est pas inintéressant de savoir que Xénophon dépeint Socrate comme un sage mais sans plus, alors que Platon est carrément son porte-parole alors qu’Aristophane est l’un de ses détracteurs…

Guy Labarraque

Sources :

Platon, Bibliothèque La Pléiade T1, Paris, 1950, (traduction et note de  Léon Robin et M.-J. Moreau).

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