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Les jeunes à l’Église ? Ouais…

On nous demande souvent à nous, aumônier de Jeunesse en Église ou au gymnase, ce qui peut bien motiver les jeunes à venir à l’Église ou plus précisément : Qu’est ce qui peut encore susciter qu’un jeune s’intéresse à la foi chrétienne et à fortiori à l’église ?

J’ai pensé à un texte que nous avons la chance de lire en trois versions, chez Marc, Matthieu et Luc et qui raconte comment Jésus intervient auprès de la fille d’un notable que le père donne pour morte…

Pourquoi ce texte ? Tout simplement parce que depuis le début 2016, les gymnasiens qui ne vont pas biens sont assez nombreux ; non pas qu’ils soient tous dans cet état, mais force est de constater que nous rencontrons, nous aumôniers et membres des services, des jeunes dans des situations délicates ; parce qu’en rupture complète avec leurs parents, seul au milieu de leurs camarades et parfois même sans ressources… Bref des jeunes dont la vie semble les avoir désertés. Lire la suite de « Les jeunes à l’Église ? Ouais… »

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Insupportable Jésus ?

Jésus, juste après avoir été acclamé lors de son entrée à Jérusalem, s’arrête près d’un figuier de belle apparence ; il a faim. Mais, à y chercher de plus près, il ne trouve pas ce qu’il venait chercher. Le figuier ne lui offre pas ce qu’il était censé lui donner: un fruit et plus précisément une figue pour apaiser sa faim !

Ne pouvant assouvir sa faim, Jésus prononce devant les disciples une de « ses » paroles dont il a le secret et difficile à comprendre. Comment ne pas éprouver de la colère en lisant ce texte: « Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! »

Lire la suite de « Insupportable Jésus ? »

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Prise de tête sur Hérodiade

Le procès qui s’ouvre ce dimanche 22 juin 2014, n’est en rien anodin puisqu’il va confronter ce que la figure d’Hérodiade peut représenter aujourd’hui avec ce qu’il est possible de dire à propos des faits. Que s’est-il passé dans cette sombre histoire… ?

Rien n’est simple et bien malheureux serait celui qui se mettrait martel en tête pour affirmer que les jeux sont faits et qu’Hérodiade peut aller en enfer tenter le Diable.

Coupable, ou non – coupable ? Le procès qui vous attend ce dimanche permettra peut-être de « lever le prude voile » sur d’autres aspects de cette confrontation, mais qui n’en sont pas moins signifiants ! Cette prise de tête pourrait nous conduire, in fine, à garder la tête froide ….

Marc, chapitre 6 , versets 17 à 29

Culte diffusé sur Espace 2 le 22-06-2014

Entendre le culte

Publié dans Réflexions ou re-fléchir

La nécessaire révision des représentations religieuses aujourd’hui.

C’est le titre d’un article paru dans Lumen vitae du dernier trimestre 2010 par André Fossion (AF). « La nécessaire révision des représentations religieuses aujourd’hui », Lumen vitae, 2010/4 pp. 365 – 382.

Dans cet article AF entre en discussion avec de « mauvaises » représentations religieuses que chacune et chacun d’entre nous pouvons avoir venant de notre éducations religieuse, de notre catéchisme et d’une manière générale de n’importe quelle autre autorité nous ayant marqué de ce point de vue là,

Sur quoi se base t-il pour entrer en discussion avec ces mauvaises représentations religieuses ? Sur le fait qu’ « regard de la raison humaine comme de la foi elle-même, elles apparaissent comme déficientes ». Elles doivent, par conséquent être « retravaillées, révisées, transformées » (p. 367).

Ainsi détecte t-il quatre types de représentations « déficientes » :

  • celles qui portent des éléments névrotiques au sens psychologique du terme, c’est-à-dire qui conduisent l’individu à adopter des comportements régressifs ou infantilisant. C’est par exemple imaginer que Dieu puisse m’infliger des punitions ;
  • Celles qui ne résistent pas au regard de la science ; croire par exemple que les récits de la Genèse ont été écrits en premier parce qu’ils sont au tout début de la Bible ;
  • Celles qui sont trop courtes, étriqués par rapport à la totalité de la foi chrétienne. Ce serait par exemple penser que la foi chrétienne ne peut se vivre que d’une manière et pas d’une autre.
  • Celles enfin qui présentent des défauts d’inculturation et qui ne font plus sens, non pas parce qu’elles ne sont pas vraies, mais parce qu’on est incapable de les rendre pertinente. AF place ici les symboles fondamentaux de la foi.

AF prends ensuite 4 exemples de représentations qu’il faut reprendre parce qu’ils sont faux ; il est ainsi faux de dire que le christianisme :

  • est contre le plaisir du fait qu’il promeuve entre autre la vie monastique
  • limite la liberté humaine par la notion d’interdit
  • se dresse contre la raison parce qu’il se définit comme une religion révélée
  • n’a plus guère de sens parce qu’il est trinitaire

Un premier commentaire s’impose ici dans la mesure où j’ai eu du mal à comprendre pourquoi apparaissait tout d’un coup dans ces exemples, la trinité pour être plus précis. Si je suis parfaitement d’accord pour soutenir qu’il est faut de dire que le christianisme est contre le plaisir, la liberté et la raison qui tous les trois renvoient à ce qu’un être humain ressent dans  vie, il n’en va pas de même de la trinité. Pour être plus précis, la trinité ne doit pas être mis au même plan que le plaisir, la liberté ou la raison parce qu’elle est avant tout un Dogme et donc une loi d’Eglise, un concept, une explicitation de la foi. Si AF éprouve, ressent la trinité, je doute d’une part que tout le monde soit de cet avis et d’autre part qu’on le fasse comme on éprouve du plaisir.

Bref la trinité, même si certain, et je suis prêt à l’admettre volontiers, peuvent la « transpirer » n’en n’est pas moins un débat, et quand AF nous dit que les Conciles ont répondu à ces questions (p.375), c’est passer sous silence le sang qu’ont laissé justement ces dernières (les questions) dans le passé et oublier peut être un peu vite qu’aujourd’hui, il existe des communautés chrétiennes qui ne sont pas trinitaires justement, celles qui ne partagent pas le crédo de Chalcédoine (cela représente près de 25 millions de croyants…).

Cela étant je me suis demandé ce que je pourrai mettre à la place de ce malheureux exemple. J’aurais souscris si AF avait dit qu’il est faux de dire que le christianisme développe du dogmatisme parce qu’il repose sur des symboles foi…

Mais aurait-il pu écrire cela ? J’en doute car ce serait admettre que ce qui contribuent entre autre à la construction des représentations déficientes, c’est justement le Dogme.

Prenez votre pied, du plaisir, mais dans le mariage, s’il vous plait ! Bref, je ne vois pas trop comment on peut revisiter des représentations déficientes sans toucher à ce qui contribue à les construire. Rien ne change sous le soleil et la fin de l’article trahit bien l’esprit de cette « révision » qui n’en est pas une, lorsqu’AF nous dit de l’apprenant que « si on ne l’aide pas suffisamment à passer à une nouvelle représentation plus juste, le plus souvent, il reviendra à ses conceptions antérieurs. » (p,377).

A ma droite, chers frères et soeurs celui qui sait à ma gauche… Ceux qui ne savent pas !

C’est dommage car la très belle ouverture que nous avions au début de l’article pâtit de cette limite et pervertit les belles notions pédagogiques qui sont citées par AF, comme l’apprentissage par désapprentissage ou le conflit cognitif (p.377) !

Guy Labarraque – août 2011

Publié dans Adolescents, Connaissance des publics cibles

Star dans sa chambre !

Dès la rentrée de l’école, la voilà entrain de prendre le micro et à mettre une chanson de Lady Gaga et puis de chanter et de rechanter sans que cela ne cesse. Alors parfois les nerfs craquent… Vous ne comprenez pas pourquoi votre fille de 14 ans passe son temps son temps à imiter les stars ! Pire, et parce que vous savez quelle est la couleur de ce monde-là, vous lui faites des reproches de se laisser aller dans la superficialité alors qu’elle ne cesse de chercher à être dans le vrai !

Et une discussion animée s’engage qui a toutes les chances de se terminer par une ou deux portes qui claquent ! Si ce n’est que les portes qui claques, c’est un moindre mal… Il n’en demeure pas moins vrai qu’une fois votre fille dans sa chambre et vous, dans la cuisine à partager avec votre conjoint ou votre conjointe, les interrogations sont toujours présentes ; qu’est-ce qui lui prend à se prendre pour Justin Beiber ?

Les paroles de Catherine Monnot, anthropologue, qu’on retrouve dans un numéro spécial de la revue Sciences humaines, consacrée au monde des adolescents, peuvent aider à y voir un peu plus clair et surtout à essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de l’adolescente. Nous serions, pour Catherine Monnot, dans un processus rituel « d’apprentissage de la féminité. » Il est vrai que si votre curiosité va jusqu’à accepter d’entendre votre  fille chanter sa chanson entièrement ou mieux si vous accepter de voir son clip, parce qu’elle se filme, vous risquez fort d’être surpris. La personne qui se tient devant vous est un petit bout de femme qui crève l’écran qui en plus de chanter, bouge aussi, passe sa main dans les cheveux avant le refrain, se tourne et se retourne avant de regarder l’objectif de son oeil perçant…. Bref impressionnant ! Tout d’une star mais surtout tout d’une femme entrain d’émerger.

Autre élément intéressant, ayant trait cette fois au contenu de ce qui est chanté, et plus généralement aux contenus de ce que nos jeunes filles écoutent ; ce sont, toujours pour Catherine Monnot, « les clichés de la jeune fille qui attend son prince charmant pour vivre un amour éternel et sans nuages ». en quelques mots, les ingrédients les plus caractérisés des contes de fée qui berçaient l’enfance de nos grand-mères.

La belle au bois dormant, Blanche neige, et ses amies ; ces récits qui ont bercé l’enfance de nos grand-mères sont toujours là, sous une autre forme, mais toujours présents. Ils ont pris une place importante dans la constitution de la personnalité de nos aïeules, il importe de s’en souvenir aujourd’hui, même si ces derniers passent par d’autres formes que celles que nous connaissions. Les chansons des stars d’aujourd’hui avec les longs métrages comme Twillight sont visiblement de la même veine.

Guy Labarraque

Source : numéro spécial de Sciences Humaines, mai 2011.

Publié dans Animations

Animation – Mission

Avant de lire

Le présent texte propose des pistes de réflexion à propos d’un extrait du film de Roland Joffé Mission. Il pourrait être conseillé de lire ce qui en est dit pour bien comprendre ce que je cherche à proposer dans le présent texte. Voir Mission

Objectif

Qu’est-ce que signifie changer de vie ? C’est un thème qui est repris par beaucoup de publiciste pour vanter les fruits d’un nouveau produit. OK, mais d’un point de vue spirituel, le changement de vie est souvent est très complexe; il ne se prévoit pas, il inclut un regard sur son passé, sur soi-même, il est chargé d’émotion et n’implique pas que soi…

Thème

A partir d’un récit filmé, on peut essayer d’interroger les ados sur cette thématique du changement en insistant sur l’une ou l’autre ou les trois de ces pistes :

  • La conversion : qu’est-ce qui est souvent à l’origine d’un changement de cap; une crise, une crise généralement importante ?
  • La vengeance : se faire justice soi-même L’épisode souligne bien l’impasse dans laquelle se trouve celui qui veut se faire justice lui-même ; ça ne paye pas et surtout ça n’apaise pas
  • L’accompagnement : jusqu’où peut-on aller dans l’accompagnement ? Quoique puisse être le choix d’une personne, l’important dans l’action du Père Jésuite est qu’il accompagne Rodrigo dans son pari complètement fou.

Méthodologie

Il importe de choisir une thématique par laquelle entrer dans le film ; celle de la conversion, du changement de vie peut être pertinente.

Introduction à la thématique

Nous sommes au milieu du XIXème siècle à l’époque où les Espagnols et les portugais se partagent les territoires de l’Amérique du sud avec sa terre, mais aussi ses habitants. Sur ces territoires, l’Eglise, par l’intermédiaire d’un ordre, les Jésuites, réussit le tour de force d’allier culture locale des habitants des lieux et foi chrétienne. A cette greffe religieuse, il faut ajouter un autre succès, économique celui-là, dans le fait que le produit et les richesses produites par les « Missions » qui sont les communautés que mettent sur place les indiens et les Jésuites sont très prospères… Une prospérités qui déplait au portugais et aux espagnols et qui sera source de bien des ennuis car ces derniers

  • ne touchent rien sur les productions de ces Missions.
  • ne peuvent pas rivaliser pour avoir de la main d’oeuvre. Les Missions, en raison de leur système attirent tous les indiens.

Si le film traite, en générale de la destinée de ces Missions, l’extrait qui nous intéresse traite de la destinée d’un marchand d’esclave qui change de vie…

Visionner l’extrait

L’extrait à visionner se trouve au chapitre 7 à 11 du DVD soit environ 22 minutes de films. Rodrigo Mendoza, mercenaire revient après avoir capturé et vendu des indiens à un noble espagnol. Il retrouve son frère.

Voir l’extrait en deux fois:

  • Premier extrait, chapitre 7 à 9 qui s’arrête juste après que le Rodrigo Mendoza accepte le défi du Père Gabriel

Premier débat en groupe : après s’être convaincu que tout le monde ait compris ce qui se passe, l’animateur entre en débat avec une question de cet ordre : quelle punition Mendoza va t-il s’infliger ?

  • Second extrait, chapitre 10 et 11.

Second débat ne groupe. L’animateur reprend les hypothèses des jeunes à partir de sa première question et souligne là, celles qui se sont rapprochées de ce que nous propose le film. On pourra ensuite reprendre une seconde série de question :

  • Quel est le sens de ce que choisit de faire Mendoza ?
  • Pourquoi Mendoza refuse t-il d’être libérer de son lien par ‘un des pères Jésuite ?
  • Quel est le sens de la libération de ses liens par l’un des indiens Guaranis ?

Textes bibliques

Plusieurs textes peuvent illustrer ce chemin de conversion que les animateurs pourront articulé en fonction de leurs intentions pédagogiques. Nous en soulignons deux :

  • Paul dans les Actes au chapitre 22,4-16
  • La conversion de Zachée : Luc 19,1-10

Pour aller plus loin

On pourra s’interroger après avoir « creuser » cette thématique sur le changement sur la vision théologique du film à propos de l’homme, de Jésus, de Dieu et de l’Eglise.

Demandons-nous justement qui de ces quatre personnages représentent Dieu, Jésus, l’homme et l’Eglise ? On précisera que les trouvailles des uns et des autres ne doivent pas s’exclure mais rassembler les différentes projections des uns et des autres. Voici la mienne.

  • Le Père Gabriel qui incarne Dieu en accompagnant l’homme dans son aventure sans pour autant partager ses opinions… A noter, ce n’est pas lui qui impose la pénitence à Mendoza, mais ce dernier et Dieu est avec lui.  C’est l’accompagnement dépassant les frontières de l’imaginable. Un autre très grand film développe cette thématique, La dernière marche (Dead Man Walking) avec Susanne Sarandon et Sean Penn. Film dans lequel, une visiteuse de prison accompagne un criminel jusqu’à son exécution. En étant dégoutté par le crime abject que ce criminel a commis, elle ne l’en accompagne pas moins ce dernier jusqu’à sa mort.
  • Rodrigo Mendoza qui pourrait incarner l’homme en passe avec ses erreurs, son pêché et qui s’enferme dans des impasses comme celle de la vengeance. L’homme courageux qui refuse une grâce à bon marché qui ne lui apporterait rien pour son remord. L’homme dans sa révolte face à Dieu qui est persuadé que la vie est en non-sens et il veut le lui montrer ! Il y a des choses qui ne se pardonne pas. Et bien si…
  • L’Eglise représentée par l’ordre lui-même des Jésuites dans le film. Dans notre extrait, il apparait par le Père interprété par Liam Neeson. Je préciserais ce rôle (mauvais) en soulignant que l’action de ce prêtre est de prétendre savoir ce qui est bien pour les autres. Cette pénitence ne « sert à rien » – « tous les autres le disent aussi ». Bref des discours qui souvent veulent le bien pour les autres mais à savoir si c’est bien…
  • Le peuple Guaranis : Jésus sans doute dans le fait qu’il transpire l’authenticité. Il reçoit l’amour, la haine et meurt sans demander grand chose en retour.

Documents

On trouvera ici le script de l’entretien entre Rodrigo Mendoza et le Père Gabriel et qui permettra un travail plus en profondeur avec les adolescents sur la question de la conversion.